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Le chant qui illumine la terre...
Celui qui compose de la musique a besoin d'intermédiaires pour faire passer son message. Il doit d'abord confier au papier ce qu'il veut faire entendre, ce qu'il entend lui-même, dans son oreille intérieure, quand il écrit. Il doit ensuite espérer trouver quelqu'un qui soit capable de lire ce qu'il a lui-même écrit. Qui soit capable de rejoindre ce que le compositeur entendait quand il confiait ses notes au papier. Aux signes qui servent d'intermédiaire, d'interface, dirait-on aujourd'hui. Il doit espérer trouver quelqu'un qui entende dans son oreille intérieure ce que lui-même entend, et qui soit ainsi capable de le faire entendre à d'autres. Ces intermédiaires peuvent amener des déformations. Ces intermédiaires peuvent aussi amener de véritables créations. On connaît des compositeurs qui ont comme découvert leur propre œuvre, lorsqu'ils l'ont entendue sous les doigts de quelqu'un d'autre lorsque quelqu'un d'autre y a posé son regard, son oreille, et pour tout dire son cœur. Il y a quelque chose du musicien chez Dieu. Pour nous parler de lui, Dieu a eu besoin de nombreux intermédiaires. Il a fallu qu'il leur confie ce que lui-même voyait et entendait quand il a créé le monde, quand il a créé l'homme et la femme à son image. C'était un risque. Dieu avait besoin de quelqu'un qui serait capable de lire et d'entendre dans la création ce que lui-même voyait et entendait « Au commencement ». C'était un risque. Dieu s'exposait à toutes les déformations auxquelles le compositeur est exposé. Mais c'était aussi s'ouvrir à la possibilité d'une véritable recréation, le jour où quelqu'un d'autre y poserait à son tour son regard, son oreille, et pour tout dire son cœur. Recréé de façon plus merveilleuse encore. Nous le disons de l'incarnation, de ce moment où le Fils de Dieu est venu et a vu ce que son Père voyait, a entendu ce que son Père entendait, a redit ce que son Père disait dès le commencement. Dans le regard que le Christ pose sur la création. Il y a quelque chose du regard que l'interprète pose sur une partition, quand il sait qu'il doit rejoindre ce qu'a voulu le compositeur en posant la note à tel endroit. Il y a quelque chose de la recréation qui s'opère chaque fois qu'une œuvre est exécutée, de façon plus merveilleuse encore que ne pouvait le deviner le créateur lui-même. Dans l'interprétation que donne son Fils de la création sortie de ses mains, le Père découvre en quelque sorte son œuvre. Elle est de lui, elle reste de lui, et pourtant son Fils, le « divin interprète » apporte quelque chose de nouveau. Pourquoi ne pas nous laisser conduire un peu plus loin et entrer ainsi un peu plus dans le secret de Dieu, communié un peu plus à sa démarche, découvrir un peu plus ce qui s'est passé dans son cœur quand Il a cherché à se dire à nous et qu'il a choisi de le faire en inscrivant ses notes sur la grande partition qu'est l'univers. Tout le monde est capable de jouer. Tous, nous sommes capables de rejoindre ce que le Père a voulu, a vu, a entendu. C'est ce que le Fils est venu nous dire, de façon plus merveilleuse encore. Depuis deux mille ans, l'Evangile résonne dans l'univers. Il est proclamé de mille et une façon: par la parole, par le geste, par l'attitude, par le comportement. C'est la profession de foi de l'une, le service rendu par l'autre, l'audace d'une troisième...l'espérance, la prière, la solidarité de toutes. Nous baignons dans cet événement qui s'annonce sous tant de formes. Il entre en nous alors que nous en sommes plus ou moins conscientes. Il se loge au fond de nous-mêmes et attend son jour. Son jour, c'est un geste bouleversant, une parole qui nous brûle le cœur, une brise légère qui nous frôle, une émotion. Et soudain la Parole de Dieu se met à vibrer en nous. Elle se réveille et nous réveille. La Parole de Dieu résonne comme une harpe ou une flûte. Elle chante l'amour, la fraternité, le pardon. Elle laisse éclater la vérité. Elle chante la joie. Un message plein de souffle, une grande espérance. Un artiste met la Parole en scène: l'Esprit, l'Esprit du Christ, L'Esprit de Dieu. Il ouvre la partition musicale rangée au fond de nous-mêmes. Et de tout son souffle créateur, il lance la symphonie nous l'entendons dans les rythmes de notre culture. Et à l'autre bout du monde, un japonais, un canadien, tout un peuple la reçoivent aux accents de leur propre culture. La Parole est universelle. Dieu l'adresse à tout le monde. Et l'Esprit la joue sur toutes les latitudes. Des hommes et des femmes chantent avec lui, espérant que cette musique relie les cœurs et fasse naître la paix.
Au fond du cœur une Présence lumineuse... Aujourd’hui, vous le voyez, Il y a quelque chose qui brille sur la montagne… Ne serait-ce pas un trésor ?... Oui, c’est un trésor !...Mais ce trésor, ce n’est pas quelque chose… C’est quelqu’un ! Un trésor bien plus précieux que l’or… C’est Jésus …le Trésor des trésors!... Jésus éblouissant comme le soleil. Jésus qui nous révèle vraiment qui Il est : Cet homme, c’est Dieu!... A la fois homme et Dieu !... C’est une nouveauté incroyable !... Et pourtant nous y croyons à cette Nouveauté des nouveautés qui nous comble de Joie!... Jusqu’alors, il manquait quelque chose à la plénitude de Dieu,… Il manquait à Dieu d’être homme aussi. Et maintenant que nous voyons que Dieu et l’homme peuvent s’unir à ce point. Nous croyons que l’homme peut trouver sa plénitude… en participant en plénitude à la Vie de Dieu ! Les disciples pressentent quelque chose de cette Joie : « Il est heureux que nous soyons ici !» Mais ils sont surtout impressionnés par l’extraordinaire de ce qui se passe… Les Evangélistes nous le disent : Les disciples frémissent de frayeur… Mais la transmission évolutive du bouche-à-oreille fait écrire à Marc : Que les disciples ont été effrayés en voyant Jésus transfiguré. Alors que Luc écrit qu’ils se mettent à frémir en entrant dans la Nuée, …et Matthieu, que c’est en entendant la Voix de Dieu le Père… Quoiqu’il en fût, aujourd’hui, nous n’avons pas à frémir de frayeur,… Mais seulement et pleinement à être comblées de Joie !... Pourquoi aurions-nous peur de cette Lumière de toute beauté ? Pourquoi aurions-nous peur de cette Nuée lumineuse, nuée de tendresse qui abrite et rassure, nuée de Consolation, nuée de Miséricorde… ? Et pourquoi aurions-nous peur de cette Voix…qui est la Voix de l’Amour? « Voici mon Fils bien-aimé en qui je mets toute ma joie ! » Alors donc, place à la Joie ! Car nous aussi, avec le Fils tout-aimé, nous sommes enveloppées par la Nuée, et comme lui nous sommes des fils tout-aimés,… Et en nous aussi Dieu notre Père met toute sa joie ! Alors, dans cet Amour, il n’y a de place que pour la confiance et la reconnaissance… Il n’y a de place que pour la Joie ! Joie d’être aimées, joie d’être créées par cet Amour… et pour cet Amour… joie de cette Alliance, de cette Communion d’Amour avec notre Dieu qui se révèle aujourd’hui Notre Père, qui se manifeste aujourd’hui dans toute sa beauté et dans toute sa bonté,… qui nous dit à chacun : « Tu as du prix à mes yeux » ! Regarde bien, et écoute bien : Toute ma Beauté, elle est pour toi ! » Et de même que cet instant de révélation éclaire toute la vie de Jésus, depuis son origine en gloire jusqu’à son avenir de gloire, cet instant illumine toute notre vie, de la grâce de notre conception jusqu’à la grâce de notre mort… oui, cet instant illumine tout notre passé et tout notre avenir de cette certitude que Dieu dans sa Bonté était toujours avec nous, et sera toujours avec nous ! « Tu étais là, et je ne le savais pas ! » Mais il y a eu aussi toutes les fois où nous l’avons su ! Toutes ces fois, qui étaient des moments de révélation, comme de petites Transfigurations,… des moments de bonheur partagés avec d’autres comme les grands événements religieux de notre vie « Le viens suis-moi » la célébration de notre consécration religieuse ... ou bien des moments de bouleversements intimes au secret du cœur, dans le silence de la prière, …ou bien un simple service que nous rend une sœur,… N’oublions pas toutes ces joies qui nous révèlent l’Amour de Dieu et qui nous sont offertes par notre liturgie fraternelle…par notre liturgie des malades… Sommes-nous assez reconnaissantes pour toutes ces transfigurations sur notre chemin ?... Il est bon de chanter au Seigneur la litanie de toutes ces joies,… Oui, de se les rappeler, d’en faire mémoire dans la prière, en litanie d’action de grâce, car ces petites Transfigurations sont des instants de grâce, des instants sacramentels qui nous sont donnés pour illuminer tout le quotidien, on pourrait dire le banal de notre vie, mais qui est en fait toujours extraordinaire sachons le voir ! Il s’agit de savoir reconnaître une Présence, une Présence qui se cache, cette Présence qui est le Trésor des trésors et la joie des joies ! Cette Présence qui émerveille les grands Sages, et qu’ils veulent nous aider à être attentifs à cette Présence : « En toute chose le silence dit Dieu… Il suffit d’être… pour adorer. » Partout ce Trésor, partout cette Présence, partout cet Amour, partout cette Joie !... Puisque l’Univers est dans la main de Dieu,… et que nous sommes toutes dans sa main…Bien mieux, Il est en nous ce Trésor, Il est dans notre cœur, toujours présent dans notre cœur,… notre cœur qui est un petit Mont Thabor intérieur, une Montagne de la Transfiguration que nous portons toujours en nous …pour notre Joie! Parmi les chemins que je voudrais Vous inviter à prendre pour multiplier les moments de Transfiguration, Voici donc d’abord le sentier du recueillement. Par la porte du silence, entrez dans le jardin de votre cœur, et là, demeurer en présence de la Présence Écoutez la parole de l’Amour et laissez-vous aimer, laissez-vous transfigurer, et devenez Amour et Joie ! Comme le dit si justement Benoit XVI : « La Joie de Dieu est en vous… Tout le monde peut trouver cette joie en soi-même et la vivre. » Et puis il y a le sentier de la beauté: La beauté naturelle de la Création et cette beauté de recréation que nous offrent les artistes… Un Ecrivain dans son dernier livre, nous invite à « Demeurer face à une Icone, à respirer doucement, à garder le silence, à laisser la lumière intérieure nous parler et nous habiter… » C’est le ministère des artistes et des contemplatives de nous faire découvrir « La flamme des choses », de nous faire voir la Lumière intérieure de la réalité, la Nuée de grâce qui enveloppe le monde, et de nous faire entendre cette Voix silencieuse qui chante Dieu et nous dit son Amour… Et bien sûr, il y a le sacrement du frère, le prochain qui porte Dieu caché en lui, Présence de Dieu à côté de moi, « Mon frère est là… Mon Dieu est là» si je n’ai pas compris cela, je ne sais encore rien de Dieu, je ne sais encore rien de moi… Vite, il faut écouter Jésus,… « Jésus, le Fils infiniment Frère », Jésus qui va m’apprendre à dire : Notre Père… Sinon je ne saurais jamais que Pâques, « C’est le matin de Dieu au cœur des autres ! »Alors faisons eucharistie c’est le Mont Thabor, ici maintenant ! Et il y a beaucoup à voir…et à écouter ! Ici s’harmonisent, pour notre joie, la Vérité, l’Amour et la Beauté… Ici tous les arts sont convoqués… En une symphonie de signes… Pour que nous puissions reconnaître et recevoir le Trésor des trésors : « Jésus, le Fils infiniment Frère »… Qui nous invite à devenir avec lui pleinement fils et pleinement frère. Car ici communier veut dire : Recevoir Jésus…Pour nous offrir avec lui à Dieu notre Père… Mais aussi pour nous offrir avec lui à nos frères, à nos sœurs alors nous pourrons dire en vérité : Notre Père. Et puis il y a l’envoi : nous ne resterons pas sur le Thabor de l’Eucharistie, nous allons partir pour aller multiplier partout les Transfigurations. Pour multiplier la Joie et déployer… À l’infini cette Communion.
Pèlerins d’une étoile... Au fil des événements heureux, joyeux ou douloureux, prometteurs de vie ou empreints de tristesse et de souffrance, nous sommes convoquées chacune au cœur de nous-mêmes. Impossible d’échapper aux cris et aux pleurs du monde. La joie des célébrations nous rassemble et elle nous anime. Ainsi va notre appartenance à toute l’humanité au cœur de notre vie liturgique. Nous sommes solidaires de ceux qui souffrent comme de ceux qui trouvent quelque part le bonheur. À force d’attente et d’épreuve nous devenons plus conscientes de nos forces, de nos fragilités. Nous poursuivons au fil des événements notre quête de sens et d’espérance. Une étoile brille au cœur du temps au cœur de chaque jour et demande à nous guider. Cette petite lumière peut nous tirer des grandes tristesses et des incertitudes qui peuvent envahir notre cœur par l’avenir qu’elle nous annonce. À cause d’elle nous gardons le cap sur la vie, sur la dignité de l’être humain, sur toute solidarité avec les hommes, femmes et enfants de partout. Elle nous mène vers la joie et la paix d’une rencontre. Vers le contact sincère, l’écoute de l’autre l’engagement dans un dialogue de confiance de pardon, et d’amour. Où nous nous faisons proches par le soin et le prendre soin des pauvres et des petits. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait » qu’importent nos retards, nos lenteurs et nos manques, si nous sommes fidèles au rendez-vous de notre engagement dans notre don au Christ nous marchons toutes ensembles « À l’étoile de l’aurore ». Il s’agit pour nous de passer la nuit et d’atteindre bientôt à la pleine lumière.
Le Pèlerin du cœur... Dieu est pour nous comme un pèlerin qui part à la recherche de notre cœur. Nous le savons, les évangiles sont riches d’images diverses et variées quand il s’agit d’exprimer Dieu. Mais l’image de pèlerin qui part à la recherche de notre cœur est saisissante. A un moment de notre vie, nous avons appris à faire sa connaissance. Il s’est offert à nous et nous l’avons contemplé. Nous avons mis nos pas, tant bien que mal, derrière les siens, ou du moins nous essayons, et nous sommes toujours là. Et voilà qu’à peine l’avions nous découvert, car ces moments sont toujours trop courts, Il nous cache son visage en nous laissant parfois dans la nuit, dans le désert. Oh bien sûr, nous vivons avec Lui des moments forts. Et nous les vivons aujourd’hui nous avons entendu des paroles décisives qui nous avaient été adressées et renouvelées personnellement chaque jour « Viens suis moi » mais notre cœur peut se fatiguer. Et notre expérience la plus certaine aujourd’hui, la plus lancinante est certainement celle que nous faisons parfois de l’absence de Dieu. Angoissante attente qui engendre parfois le doute ou le désarroi. Et combien de fois avec Isaïe n’avons nous pas crié « Reviens Seigneur, pour l’amour de ton serviteur ». Et c’est là que, petit à petit, nous sommes amenées à redécouvrir que cette absence est une grâce. Elle renouvelle en nous la foi, la confiance, la fidélité, l’espérance. Elle suscite une dynamique qui nous met en route vers la rencontre. L’absence, le manque, le vide nous met au cœur une soif, un désir insatiable. Nous en faisons l’expérience chaque jour. « Viens Seigneur ne tarde plus » ce désir est comme la confirmation qu’une rencontre nous a déjà marquée. Rappelons-nous : Dieu lui insuffla dans les narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant ». Lui qui, par son souffle, fut à l’origine de notre vie. Nous fait ressentir sur cette terre combien nous sommes de Lui et que nous sommes faites pour Lui. Le Seigneur nous a saisis un jour dans notre faiblesse, dans notre péché et il a suscité en nous un appel définitif. Nous ne pouvons plus remettre en cause ce Don dont la marque nous brûle le cœur. C’est pourquoi nous veillons dans l’attente de l’aurore. C’est pourquoi nous ne cédons pas à cet endormissement qui peut nous guetter. À cette indifférence, à cette lassitude spirituelle qui peut envahir notre cœur. L’épreuve de l’absence purifie notre foi et fait de nous des femmes vigilantes et clairvoyantes. Comme la sentinelle devant le Tabernacle, attendant le retour du Seigneur notre cœur devient plus attentif à l’essentiel, aux signes du Royaume, aux lumières qui pointent à l’horizon. « Il vient, Il vient sans cesse » Aujourd’hui nous devons être attentives à la Lumière. Il vient celui qui est la lumière et nous sommes appelées à la vigilance. Une vigilance qui n’est pas seulement une attention et une promptitude, mais un appel à réaliser notre vocation, et à laisser s’exprimer pleinement le don que nous avons reçu comme « Sentinelles de lumière » notre veille n’est pas d’abord une attente mais surtout une préparation active à la rencontre. Cela n’ira pas sans lutte car le vieil homme est encore solide en nous. Mais l’homme nouveau a pour lui des armes redoutables : La Foi, l’Amour, l’Espérance capables de soulever des montagnes. Attendre le maître de la maison ce n’est pas se désintéresser de ce qui nous entoure. Mais bien au contraire faire apparaître le Royaume là où mystérieusement il est déjà présent. C’est à chaque instant de notre vie que nous devons nous préparer à la rencontre. Il n’y a plus de temps à perdre. Chassons le sommeil et l’inquiétude de la nuit pour que le maître nous trouve vigilantes quand Il viendra vers nous.
Les vagues de la prière... Prier! Toujours prier ! Une préoccupation de beaucoup de chrétiens et de chrétiennes depuis que Jésus en a fait la demande, parabole à l’appui ! Les lettres de Paul fourmillent de témoignages de sa constante prière et d’exhortations à prier sans cesse. À travers les siècles, on a pris au sérieux cette invitation. On a inventé mille formes de prière pour y correspondre. On a même institué des manières de vivre ensemble où la prière tient la première place. La vie monastique en est sans doute l’exemple le plus frappant. Prier sans cesse pour être sans cesse en présence de Dieu. Prier sans cesse pour garder la communion et agir en harmonie, en lien avec le Seigneur. La prière crée et soutient la relation à Dieu. Elle est une des voies d’accès au mystère de Dieu. …Les yeux du cœur… La prière donne aussi un regard différent sur les êtres et les événements. À travers elle, l’Esprit projette sa lumière sur le quotidien. Il en révèle le sens. Dans la prière, nous posons le regard de Dieu sur toute chose. Prier, c’est souvent raconter à Dieu ce que nous vivons. Et laisser Dieu nous raconter ce qu’il vit avec nous. Ce n’est pas surprenant que nous cherchons des temps de prière pour diverses circonstances. Il s’agit moins de bénir le quotidien que de reconnaître que Dieu l’a déjà béni. Reconnaître qu’il en fait un lieu de rencontre avec nous, un lieu de salut. Reconnaître que telle situation, tel événement, telle circonstance peut être un temps de grâce, c’est-à-dire un temps où Dieu exprime son amour en toute gratuité, gracieusement ! Nous pouvons donc prier à l’occasion des repas, des rencontres, des préparations liturgiques, des services communautaires, des départs et des arrivées, avant d’étudier ou de se lancer dans un projet. Nous pouvons prier quand la vie est belle et quand elle l’est moins, quand nous traversons un moment pénible ou qu’il nous arrive une bonne nouvelle. Nous pouvons prier à la jointure du jour et de la nuit, comme au milieu de la journée ou en pleine nuit. …Flux et reflux… La prière peut introduire ou conclure. Elle encadre la vie. Comme les bons cadres, elle donne du relief à l’œuvre d’art que nous sommes en train de peindre au quotidien. Et finalement, elle fait reconnaître Dieu au cœur du tableau. L’essentiel est là. La liturgie des Heures est née pour remplir cette fonction. Elle dure à travers les siècles .Les psaumes nous offrent 150 situations diverses pour diverses circonstances ou divers états d’âme. Cent cinquante, et bien davantage, car l’un ou l’autre psaume peut très bien refléter plusieurs situations. La Parole de Dieu, les hymnes, les intercessions offrent, elles aussi, de quoi favoriser la prière aux différentes haltes de nos journées. La prière fait les cent pas devant la demeure du cœur, comme la sentinelle qui guette le Visiteur. Jour après jour, elle peut le reconnaître et l’introduire au plus profond de son cœur.
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